Pourquoi j'ai détesté vivre en Dordogne...

18:06 Glad Wood 17 Comments

Peu de monde le sait, mais avant d’être Poitevine, j'ai vécu en Dordogne, pas très loin de Sarlat et des Eyzies. Le Périgord Noir, un coin très touristique, très connu, très beau, blabla... Seulement moi, j'ai vite déchanté. Quand je résume ma vie de "Périgourdine" c'est : 
"L'été c'est bien, hors saison ça craint !" 


Suite au divorce de ma mère et de mon beau-père (beau-père qui avait un rôle de père depuis mes deux ans...), j'ai du quitter de force ma ville natale, mes amis, mes habitudes et le peu de famille que j'avais... Mais je voulais suivre le mouvement, pas pour ma mère mais pour ma petite sœur, qui allait devoir vivre le divorce de ses parents... En deux mois, nous nous sommes retrouvé à vivre chez le copain de ma mère (Elle est plutôt rapide, ouais...) Nous sommes arrivé là-bas au début de l'été. Je découvrais la chaleur folle du Sud Ouest, les paysages montagneux, les petits villages typiques, les vaches & moutons en liberté, le patois des Périgourdins... Bref un dépaysement radical pour moi "la citadine", "la parisienne" ... Des surnoms qui m'ont suivi pendant les deux années là-bas...

Alors oui, au début j'étais heureuse de découvrir la région, le calme et la beauté du Périgord. Le vieux Sarlat et ses petites ruelles, les joies d'une baignade dans la Dordogne, tout ce qui rend la région si touristique, justement. Juillet & Août, c'était vraiment agréable, comme des vacances peuvent l’être.  Et puis septembre arriva, je n'avais pas trouvé de solution pour poursuivre mes études dans les fleurs et je ne trouvais pas de boulot avec la fin de saison. Et surtout, surtout : je commençais à sérieusement m'ennuyer. Nous habitions un lieu-dit d'une toute petit commune avec une population de... 30-35 habitants ? En gros, trois familles vivaient dans l'bled. Celle du maire, celle du copain de ma mère et une autre famille qui, au fil des mois, finira par devenir mes patrons, et là non plus, c'était pas la joie intense...  De plus, impossible pour moi de tenter une approche avec les quelques "jeunes" des villages voisins, ils étaient tous cousins-cousines, amis depuis la maternelle... Moi ? J'étais "la Parisienne", point final. Oui, pour eux tout ce qui se trouve au-dessus de Limoges, c'est des Parigots.  Bienvenue dans la France profonde, la vraie. J'ai pourtant fait de nombreuses tentatives, avant de comprendre que c'était mort, je ne serais jamais plus que la fille à qui on dit bonjour de loin. J'ai vécu deux ans en Dordogne, sans jamais me faire d'amis, parce que je n'étais pas de chez eux... 


Plus l'hiver arrivait, plus j'étais déprimé. L'été tout est beau, il fait chaud, il y a du monde... L'hiver, tout est moche, il fait très, très froid et la région se vide... C'est plutôt impressionnant dans un premier temps et complètement déprimant dans un deuxième. Et dans mon village de vieux, c'était encore plus flagrant. Pas de lumière dans la seule rue du village, pas de vie. Comme s'il n'y avait plus de vie dans les maisons, aucun bruit sauf celui des bestioles qui viennent dans les jardins sans clôtures... J'en pouvais déjà plus au bout de 6 mois là-bas. Pas d'amis, pas de permis, un boulot moisi... Je passais mes nuits sur internet, au téléphone pour avoir un contact avec mes proches, bien trop loin de moi. Les relations avec ma mère devenaient de nouveau très compliquées et je ne supportais pas son copain. Il n'était pas méchant, mais il était... Il ne parlait pas. Jamais. Ou très peu... Même dire bonjour c'était presque impossible pour lui. Ma mère n'avais jamais le temps de me faire voir autre chose que les murs de la baraque et ma sœur avait elle, la chance d'avoir gagné un "petit-frère" dans cette nouvelle vie. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi seule qu'à cette période de ma vie. C'était vraiment dur moralement. J'ai fini par reprendre mes heures de conduite, alors ça me sortait un peu de mon village de 5 maisons et c'était nettement plus agréable. Mais malgré ça, je ne me sentais pas bien dans cette ville. Je n'étais pas à ma place et certains savaient me le rappeler régulièrement... 

De plus, je n'avais jamais connu ce truc où tout le monde s'occupe de la vie de tout le monde. C'est si petit, que tout le monde connait tout le monde et tous les après-midi, le clan des vieux se rassemblent dans le village pour baver sur l'ensemble des autres habitants. Et combien de fois "les parisiennes " étaient au centre de l'actu... Vivre dans le trou du cul du monde, ce n'est définitivement pas pour moi. En plus, je ne comprenais quasiment rien à ce que les papys & mamies du village me racontaient tellement le patois et l'accent sont incompréhensibles... Alors que finalement, c'était les seuls à prendre le temps de parler un peu avec nous... Bon pour avoir de quoi alimenter les après-midi commérages, mais c'était mieux que les autres qui n'avaient aucune parole pour nous.   #Tristitude !   



Un hiver ne m'a jamais semblé aussi long que ceux dans le Périgord ! Et quand, enfin, l'été arriva, quand je pensais que mon moral s'en porterait mieux, j'étais toujours aussi déprimée. Tous les touristes étaient là, heureux, moi je maudissais la terre entière. Partir était devenu une obsession, un besoin vital, une urgence. Je voulais vivre en ville, entendre des voitures, des gens, voir de la vie ! J'avais besoin de voir autre chose que les moutons dans mon jardin, les vaches sur la route, les gens désagréables, je voulais retourner à la ville, moi la citadine, ils ont réussi à me dégoûter d'une si belle région. Je me dis souvent, que si les gens avaient été plus agréables, plus accueillants, tout aurait été différent. Au lieu de ça, j'ai passé deux ans à déprimer pour être là pour ma sœur et ma mère. Ma mère... Elle qui me l'a si bien rendu... J'ai fini par rencontrer Mr Le Géant, nous nous sommes vus, et quelques mois après j'étais partie vivre avec lui, sur Poitiers. J'étais bien, loin du Périgord. D'ailleurs je pense que si j'aime autant Poitiers, c'est pas pour la ville uniquement, c'est pour m'avoir soigné du vide humain que j'ai connu en Dordogne !

J'y suis retourné quelques fois depuis, pour quelques jours. Mais même aujourd'hui, je n'arrive pas y rester une semaine. 3/4 jours c'est bien. Pas trop le temps de tourner en rond, je profite de ma sœur, on se promène et il est temps de repartir. Je suis dans l'incapacité de rester plus. Le peu de temps que j'y suis, je me dit "Je ne sais pas comment tu as pu rester ici..." ou "Heureusement que tu n'es plus ici" et je marche dans l'unique rue du lieu-dit, heureuse de savoir que je ne suis que de passage. 
J'ai beau réfléchir, je n'ai aucun bon souvenir de cette époque. Le seul c'est les "vacances" avec Mr. Parce qu'il était avec moi et que nous étions sur Sarlat. Pas dans mon mini-bled déprimant.



Même si mon expérience n'était pas géniale, je reconnais que pour un weekend ou des vacances, la Dordogne, ça vaut le coup ! Surtout si vous avez une préférence pour la montagne comme moi, il y a moyen que vous soyez heureux là-bas ! C'est une région qui, en été, reste très vivante, avec souvent pas mal de choses à voir et à faire... (Faut juste pas y vivre...) Car c'est une région touristique et quand touristes il n'y a plus, toi la parisienne, tu restes une touriste à leur yeux, un indésirable. 

Avez vous déjà vécu une situation similaire ? 

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17 commentaires:

  1. Je n'ai jamais vécue ce genre de situation. C'est quand même dommage que dans ces bleds les gens ne soient pas accueillants... Ils vous auraient intégrés tout aurait été mieux, c'est sûr ! :) En tout cas les photos sont très jolies, ça retransmet quand même la beauté de cette région !

    Bisous ♥

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    1. C'est la France profonde... C'est souvent ça !
      Heureusement oui, en été la région est superbe !

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  2. Je ne connais pas du tout la Dordogne, mais j'aimerai un jour y aller en vacances et découvrir ses merveilleux endroits.

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    1. Quand nous serons riche, on ira quelques jours en plein Sarlat ;)

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    2. Nous serons riche & nous pourrons aller quelques jours à Sarlat :).

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  3. Y ayant vécu de 0 à 8 ans (mais sans y être née), j'en ai des souvenirs qui me sont très chers. On vivait aussi plus près de Périgueux (15 minutes), mais dans un village de 200 habitants. J'étais enfant et vraiment la campagne c'était magique à cet âge-là, je me suis longtemps dit que je voudrais retourner y vivre.
    On était effectivement pas considérés comme des gens du coin mais on s'est bien intégrés notamment grâce à ma sœur et moi qui nous faisions des amis, les parents sympathisaient.
    Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que je n'aurais pas aimé y rester ne serait-ce qu'à l'adolescence. Dès qu'on veut faire de bonnes études il faut aller à Bordeaux de toute façon.
    Quand j'ai eu fini mes études j'ai eu quelques mois de chômage où je suis rentrée chez mes parents qui étaient à ce moment-là à Tarbes et je l'ai aussi mal vécu que toi la Dordogne. Les jeunes manquaient d'éducation, il ne se passait rien, triste à mourir, je n'allais vraiment pas bien. Il y a des coins de France comme ça, où il fait sûrement bon grandir mais pas démarrer des études ou la vie active.
    Mon père m'a bien dit que le Périgord avait été très dur à supporter pour eux, que les gens restaient enfermés sur eux-même (même à Périgueux), n'évoluaient pas, une image que je n'avais absolument pas de ce coin-là pendant très longtemps !

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    1. Merci pour ton partage d'expérience Périgourdine !
      C'est marrant, car ma petite sœur je pense auront les mêmes souvenirs d'enfance que toi, mais en grandissant, j'ai bien peur qu'elle ressente le négatif comme nous.
      En revanche, ça ne m'étonne pas pour tes parents, car c'est vraiment une mentalité de la région j'ai l'impression, même après des années, tu ne seras jamais vraiment un Périgourdin pour eux. C'est triste, car c'est à cause de ses mentalités que pas mal de villages du Périgord se meurent. Celui où j'ai vécu par exemple. L'école ferme car personne n'habite le bas, et que petit à petit il n'y a plus assez d'enfants. Lorsque ma sœur était à l'école, il y avait au total dans l'école 32 élèves... Ambiance, ambiance... D'ailleurs, ils ont même fait une vidéo pour tenter de ramener du monde, la blague... (La fameuse vidéo, qui laisse croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil & accueillant... https://www.youtube.com/watch?v=9K9Qgw6UuY8 )

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  4. MDR! Je suis née à Sarlat, pure Périgourdine qui vit dans un petit village avec mes parents parce que je suis encore au lycée, et je dois avouer que j'aime la campagne, mais alors les mentalités, c'est horrible! Mes parents n'étant pas Périgourdins, ils ne m'ont pas du tout éduquée de façon chauvine etc, et souvent je trouve les gens très fermés là où je suis, sans parler du racisme, ça me tue!
    En tout cas, c'est bien de voir des avis de citadins!
    Gros bisous♥
    Cécile.

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    1. Ahhh une Périgourdine pure souche ! J'aurais dû te rencontrer, j'aurais au moins eu une amie pendant ma vie là-bas, puisque tu n'es pas fermé comme l'ensemble de ceux de mon village ! Aujourd'hui, je suis bien heureuse de ne plus y être ! La seule chose qui me manque, c'est la météo et l'accent ! Ouais, j'adorais entendre l'accent Périgourdin !

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  5. Je vous trouve quand même hyper dures dans ces textes et dans les commentaires... Cette expérience est fondé sur un bled de 3-4 maisons quand même ! Il faut aussi être curieux et ne pas se faire une idée de la Dordogne à un micro village ! Après plusieurs années à Bordeaux et ses alentours j'ai fait le choix de rentrer en Dordogne. A Périgueux. Parce que c'est ma ville coup de coeur, je m'y sens bien, les gens sont accueillants dans tout le Périgord. Mais forcément si on est pas curieux et qu'on ne veut pas voir ce qu'il se passe ailleurs je comprend que cette expérience refroidie... :/
    Malheureusement sans permis on ne peut pas aller bien loin. A Périgueux et ses alentours ça bouge, il y a plusieurs événements par semaine, tous les soirs quasiment. Il suffit juste de s'y intéresser. Concerts, fêtes, foires, repas, marchés, théâtre, manifs artistiques, expositions...
    Sur ce, bon dimanche !

    Nani - www.uncafeavecnani.com.

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    1. Hey bonjour ! Je pense que vous avez lu mon article en sautant la quasi-totalité des lignes non . Parce que je donne bien mon ressenti sur un micro-village. Je ne critique pas toute la Dordogne ou tous les habitants. Juste ceux de mon micro-lieu dit, en vérité !
      La Dordogne, est une magnifique région, mais effectivement, comme je le dis dans mon article, pas de permis, pas de voiture dans un lieu dit avec 15 habitants, c'est pas du tout la meme... Bref, Perigueux c'est un peu LA ville du Périgord, donc oui la bas ca bouge, mais pas partout !

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  6. Je suis originaire d'Orleans et je dois avouer que quand je suis arrivé a Sarlat certains qui etaient ensemble depuis la maternelle ne formaient des groupes qu'entre eux.

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  7. bonjour , à tous ! j'ai visionné tous les commentaires , je vs avoue que je me vais mieux! j'ai vécu en alternance pas loin de 40 ans dans le Ribéracois , j'ai donc vendu ma maison (1 2 ans avant de trouver un éventuel acquéreur ) , sérieusement j'ai brûle un cierge pour remercié le seigneur! L'histoire du Parigot je l'ai conjugué à toute les sauces ! Région magnifique ,climat formidable ! mais c'est tout ! c'est moins 50 ans en arrière toute le vie !je souhaite un bon courage à ceux qui ne peuvent plus partir ! j'évite de vs parler de la période d'hiver !

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  8. Tout d'abord bonjour a tous, j'ai lu tout ce pavé qui a maudit l'endroit ou j'ai passé 3 ans, les 3 plus belles de ma vie, j'ai vécu a Paris et sa banlieue de 0 a 19 ans, très habitué a tout ce qu'on connait sur paris, mes parents, ont décidé de déménagé en dordogne, a sarlat plus exactement. ce que tu dis est faux!!! alors certes au début c'est étrange, certes les villages sont petits mais si tu ne t'ai pas adapté c'est car tu n'as pas voulu t'adapter. j'ai connu aussi les petits surnoms, j'ai passé mon bac, j'ai joué au foot et j'ai meme bosset au mcdo de sarlat, j'ai rencontré plus de 300 personnes de mon age (18-25ans) et jamais je n'ai été catalogué au contraire. l'hiver est rude c'est vrai, personne dans les rues, mais l'été est téllement génial!! je maudit tes paroles et encore une fois si tu ne t'ai pas adapté c'est parce que tu ne le voulais pas!!!

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    1. Hey bonjour ! J'étais dans un lieu-dit à 20 Km de Sarlat. Sarlat est une ville, petite mais ville quand même. Tu étais en étude et dans un club sportif. Alors l'intégration c'est bien faite, oui.
      Si tu as pris le temps de lire mon article "maudit" tu as dû voir que je n'étais pas en étude, donc déjà, difficulté supplémentaire et sans le permis dans un lieu-dit de 20 habitants. Ce n'est pas une question de ne pas vouloir s'adapter, mais plutôt d'incapacité à le faire.
      Si tu'étais heureux, tant mieux. Moi non et j'ai encore le droit de le dire !

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  9. Poitiers!! mon dieu..

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Pourquoi j'ai détesté vivre en Dordogne...

Peu de monde le sait, mais avant d’être Poitevine, j'ai vécu en Dordogne, pas très loin de Sarlat et des Eyzies. Le Périgord Noir, un coin très touristique, très connu, très beau, blabla... Seulement moi, j'ai vite déchanté. Quand je résume ma vie de "Périgourdine" c'est : 
"L'été c'est bien, hors saison ça craint !" 


Suite au divorce de ma mère et de mon beau-père (beau-père qui avait un rôle de père depuis mes deux ans...), j'ai du quitter de force ma ville natale, mes amis, mes habitudes et le peu de famille que j'avais... Mais je voulais suivre le mouvement, pas pour ma mère mais pour ma petite sœur, qui allait devoir vivre le divorce de ses parents... En deux mois, nous nous sommes retrouvé à vivre chez le copain de ma mère (Elle est plutôt rapide, ouais...) Nous sommes arrivé là-bas au début de l'été. Je découvrais la chaleur folle du Sud Ouest, les paysages montagneux, les petits villages typiques, les vaches & moutons en liberté, le patois des Périgourdins... Bref un dépaysement radical pour moi "la citadine", "la parisienne" ... Des surnoms qui m'ont suivi pendant les deux années là-bas...

Alors oui, au début j'étais heureuse de découvrir la région, le calme et la beauté du Périgord. Le vieux Sarlat et ses petites ruelles, les joies d'une baignade dans la Dordogne, tout ce qui rend la région si touristique, justement. Juillet & Août, c'était vraiment agréable, comme des vacances peuvent l’être.  Et puis septembre arriva, je n'avais pas trouvé de solution pour poursuivre mes études dans les fleurs et je ne trouvais pas de boulot avec la fin de saison. Et surtout, surtout : je commençais à sérieusement m'ennuyer. Nous habitions un lieu-dit d'une toute petit commune avec une population de... 30-35 habitants ? En gros, trois familles vivaient dans l'bled. Celle du maire, celle du copain de ma mère et une autre famille qui, au fil des mois, finira par devenir mes patrons, et là non plus, c'était pas la joie intense...  De plus, impossible pour moi de tenter une approche avec les quelques "jeunes" des villages voisins, ils étaient tous cousins-cousines, amis depuis la maternelle... Moi ? J'étais "la Parisienne", point final. Oui, pour eux tout ce qui se trouve au-dessus de Limoges, c'est des Parigots.  Bienvenue dans la France profonde, la vraie. J'ai pourtant fait de nombreuses tentatives, avant de comprendre que c'était mort, je ne serais jamais plus que la fille à qui on dit bonjour de loin. J'ai vécu deux ans en Dordogne, sans jamais me faire d'amis, parce que je n'étais pas de chez eux... 


Plus l'hiver arrivait, plus j'étais déprimé. L'été tout est beau, il fait chaud, il y a du monde... L'hiver, tout est moche, il fait très, très froid et la région se vide... C'est plutôt impressionnant dans un premier temps et complètement déprimant dans un deuxième. Et dans mon village de vieux, c'était encore plus flagrant. Pas de lumière dans la seule rue du village, pas de vie. Comme s'il n'y avait plus de vie dans les maisons, aucun bruit sauf celui des bestioles qui viennent dans les jardins sans clôtures... J'en pouvais déjà plus au bout de 6 mois là-bas. Pas d'amis, pas de permis, un boulot moisi... Je passais mes nuits sur internet, au téléphone pour avoir un contact avec mes proches, bien trop loin de moi. Les relations avec ma mère devenaient de nouveau très compliquées et je ne supportais pas son copain. Il n'était pas méchant, mais il était... Il ne parlait pas. Jamais. Ou très peu... Même dire bonjour c'était presque impossible pour lui. Ma mère n'avais jamais le temps de me faire voir autre chose que les murs de la baraque et ma sœur avait elle, la chance d'avoir gagné un "petit-frère" dans cette nouvelle vie. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi seule qu'à cette période de ma vie. C'était vraiment dur moralement. J'ai fini par reprendre mes heures de conduite, alors ça me sortait un peu de mon village de 5 maisons et c'était nettement plus agréable. Mais malgré ça, je ne me sentais pas bien dans cette ville. Je n'étais pas à ma place et certains savaient me le rappeler régulièrement... 

De plus, je n'avais jamais connu ce truc où tout le monde s'occupe de la vie de tout le monde. C'est si petit, que tout le monde connait tout le monde et tous les après-midi, le clan des vieux se rassemblent dans le village pour baver sur l'ensemble des autres habitants. Et combien de fois "les parisiennes " étaient au centre de l'actu... Vivre dans le trou du cul du monde, ce n'est définitivement pas pour moi. En plus, je ne comprenais quasiment rien à ce que les papys & mamies du village me racontaient tellement le patois et l'accent sont incompréhensibles... Alors que finalement, c'était les seuls à prendre le temps de parler un peu avec nous... Bon pour avoir de quoi alimenter les après-midi commérages, mais c'était mieux que les autres qui n'avaient aucune parole pour nous.   #Tristitude !   



Un hiver ne m'a jamais semblé aussi long que ceux dans le Périgord ! Et quand, enfin, l'été arriva, quand je pensais que mon moral s'en porterait mieux, j'étais toujours aussi déprimée. Tous les touristes étaient là, heureux, moi je maudissais la terre entière. Partir était devenu une obsession, un besoin vital, une urgence. Je voulais vivre en ville, entendre des voitures, des gens, voir de la vie ! J'avais besoin de voir autre chose que les moutons dans mon jardin, les vaches sur la route, les gens désagréables, je voulais retourner à la ville, moi la citadine, ils ont réussi à me dégoûter d'une si belle région. Je me dis souvent, que si les gens avaient été plus agréables, plus accueillants, tout aurait été différent. Au lieu de ça, j'ai passé deux ans à déprimer pour être là pour ma sœur et ma mère. Ma mère... Elle qui me l'a si bien rendu... J'ai fini par rencontrer Mr Le Géant, nous nous sommes vus, et quelques mois après j'étais partie vivre avec lui, sur Poitiers. J'étais bien, loin du Périgord. D'ailleurs je pense que si j'aime autant Poitiers, c'est pas pour la ville uniquement, c'est pour m'avoir soigné du vide humain que j'ai connu en Dordogne !

J'y suis retourné quelques fois depuis, pour quelques jours. Mais même aujourd'hui, je n'arrive pas y rester une semaine. 3/4 jours c'est bien. Pas trop le temps de tourner en rond, je profite de ma sœur, on se promène et il est temps de repartir. Je suis dans l'incapacité de rester plus. Le peu de temps que j'y suis, je me dit "Je ne sais pas comment tu as pu rester ici..." ou "Heureusement que tu n'es plus ici" et je marche dans l'unique rue du lieu-dit, heureuse de savoir que je ne suis que de passage. 
J'ai beau réfléchir, je n'ai aucun bon souvenir de cette époque. Le seul c'est les "vacances" avec Mr. Parce qu'il était avec moi et que nous étions sur Sarlat. Pas dans mon mini-bled déprimant.



Même si mon expérience n'était pas géniale, je reconnais que pour un weekend ou des vacances, la Dordogne, ça vaut le coup ! Surtout si vous avez une préférence pour la montagne comme moi, il y a moyen que vous soyez heureux là-bas ! C'est une région qui, en été, reste très vivante, avec souvent pas mal de choses à voir et à faire... (Faut juste pas y vivre...) Car c'est une région touristique et quand touristes il n'y a plus, toi la parisienne, tu restes une touriste à leur yeux, un indésirable. 

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17 commentaires :

  1. Je n'ai jamais vécue ce genre de situation. C'est quand même dommage que dans ces bleds les gens ne soient pas accueillants... Ils vous auraient intégrés tout aurait été mieux, c'est sûr ! :) En tout cas les photos sont très jolies, ça retransmet quand même la beauté de cette région !

    Bisous ♥

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    1. C'est la France profonde... C'est souvent ça !
      Heureusement oui, en été la région est superbe !

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  2. Je ne connais pas du tout la Dordogne, mais j'aimerai un jour y aller en vacances et découvrir ses merveilleux endroits.

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    1. Quand nous serons riche, on ira quelques jours en plein Sarlat ;)

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    2. Nous serons riche & nous pourrons aller quelques jours à Sarlat :).

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  3. Y ayant vécu de 0 à 8 ans (mais sans y être née), j'en ai des souvenirs qui me sont très chers. On vivait aussi plus près de Périgueux (15 minutes), mais dans un village de 200 habitants. J'étais enfant et vraiment la campagne c'était magique à cet âge-là, je me suis longtemps dit que je voudrais retourner y vivre.
    On était effectivement pas considérés comme des gens du coin mais on s'est bien intégrés notamment grâce à ma sœur et moi qui nous faisions des amis, les parents sympathisaient.
    Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que je n'aurais pas aimé y rester ne serait-ce qu'à l'adolescence. Dès qu'on veut faire de bonnes études il faut aller à Bordeaux de toute façon.
    Quand j'ai eu fini mes études j'ai eu quelques mois de chômage où je suis rentrée chez mes parents qui étaient à ce moment-là à Tarbes et je l'ai aussi mal vécu que toi la Dordogne. Les jeunes manquaient d'éducation, il ne se passait rien, triste à mourir, je n'allais vraiment pas bien. Il y a des coins de France comme ça, où il fait sûrement bon grandir mais pas démarrer des études ou la vie active.
    Mon père m'a bien dit que le Périgord avait été très dur à supporter pour eux, que les gens restaient enfermés sur eux-même (même à Périgueux), n'évoluaient pas, une image que je n'avais absolument pas de ce coin-là pendant très longtemps !

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    1. Merci pour ton partage d'expérience Périgourdine !
      C'est marrant, car ma petite sœur je pense auront les mêmes souvenirs d'enfance que toi, mais en grandissant, j'ai bien peur qu'elle ressente le négatif comme nous.
      En revanche, ça ne m'étonne pas pour tes parents, car c'est vraiment une mentalité de la région j'ai l'impression, même après des années, tu ne seras jamais vraiment un Périgourdin pour eux. C'est triste, car c'est à cause de ses mentalités que pas mal de villages du Périgord se meurent. Celui où j'ai vécu par exemple. L'école ferme car personne n'habite le bas, et que petit à petit il n'y a plus assez d'enfants. Lorsque ma sœur était à l'école, il y avait au total dans l'école 32 élèves... Ambiance, ambiance... D'ailleurs, ils ont même fait une vidéo pour tenter de ramener du monde, la blague... (La fameuse vidéo, qui laisse croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil & accueillant... https://www.youtube.com/watch?v=9K9Qgw6UuY8 )

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  4. MDR! Je suis née à Sarlat, pure Périgourdine qui vit dans un petit village avec mes parents parce que je suis encore au lycée, et je dois avouer que j'aime la campagne, mais alors les mentalités, c'est horrible! Mes parents n'étant pas Périgourdins, ils ne m'ont pas du tout éduquée de façon chauvine etc, et souvent je trouve les gens très fermés là où je suis, sans parler du racisme, ça me tue!
    En tout cas, c'est bien de voir des avis de citadins!
    Gros bisous♥
    Cécile.

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    1. Ahhh une Périgourdine pure souche ! J'aurais dû te rencontrer, j'aurais au moins eu une amie pendant ma vie là-bas, puisque tu n'es pas fermé comme l'ensemble de ceux de mon village ! Aujourd'hui, je suis bien heureuse de ne plus y être ! La seule chose qui me manque, c'est la météo et l'accent ! Ouais, j'adorais entendre l'accent Périgourdin !

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  5. Je vous trouve quand même hyper dures dans ces textes et dans les commentaires... Cette expérience est fondé sur un bled de 3-4 maisons quand même ! Il faut aussi être curieux et ne pas se faire une idée de la Dordogne à un micro village ! Après plusieurs années à Bordeaux et ses alentours j'ai fait le choix de rentrer en Dordogne. A Périgueux. Parce que c'est ma ville coup de coeur, je m'y sens bien, les gens sont accueillants dans tout le Périgord. Mais forcément si on est pas curieux et qu'on ne veut pas voir ce qu'il se passe ailleurs je comprend que cette expérience refroidie... :/
    Malheureusement sans permis on ne peut pas aller bien loin. A Périgueux et ses alentours ça bouge, il y a plusieurs événements par semaine, tous les soirs quasiment. Il suffit juste de s'y intéresser. Concerts, fêtes, foires, repas, marchés, théâtre, manifs artistiques, expositions...
    Sur ce, bon dimanche !

    Nani - www.uncafeavecnani.com.

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    1. Hey bonjour ! Je pense que vous avez lu mon article en sautant la quasi-totalité des lignes non . Parce que je donne bien mon ressenti sur un micro-village. Je ne critique pas toute la Dordogne ou tous les habitants. Juste ceux de mon micro-lieu dit, en vérité !
      La Dordogne, est une magnifique région, mais effectivement, comme je le dis dans mon article, pas de permis, pas de voiture dans un lieu dit avec 15 habitants, c'est pas du tout la meme... Bref, Perigueux c'est un peu LA ville du Périgord, donc oui la bas ca bouge, mais pas partout !

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  6. Je suis originaire d'Orleans et je dois avouer que quand je suis arrivé a Sarlat certains qui etaient ensemble depuis la maternelle ne formaient des groupes qu'entre eux.

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  7. bonjour , à tous ! j'ai visionné tous les commentaires , je vs avoue que je me vais mieux! j'ai vécu en alternance pas loin de 40 ans dans le Ribéracois , j'ai donc vendu ma maison (1 2 ans avant de trouver un éventuel acquéreur ) , sérieusement j'ai brûle un cierge pour remercié le seigneur! L'histoire du Parigot je l'ai conjugué à toute les sauces ! Région magnifique ,climat formidable ! mais c'est tout ! c'est moins 50 ans en arrière toute le vie !je souhaite un bon courage à ceux qui ne peuvent plus partir ! j'évite de vs parler de la période d'hiver !

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  8. Tout d'abord bonjour a tous, j'ai lu tout ce pavé qui a maudit l'endroit ou j'ai passé 3 ans, les 3 plus belles de ma vie, j'ai vécu a Paris et sa banlieue de 0 a 19 ans, très habitué a tout ce qu'on connait sur paris, mes parents, ont décidé de déménagé en dordogne, a sarlat plus exactement. ce que tu dis est faux!!! alors certes au début c'est étrange, certes les villages sont petits mais si tu ne t'ai pas adapté c'est car tu n'as pas voulu t'adapter. j'ai connu aussi les petits surnoms, j'ai passé mon bac, j'ai joué au foot et j'ai meme bosset au mcdo de sarlat, j'ai rencontré plus de 300 personnes de mon age (18-25ans) et jamais je n'ai été catalogué au contraire. l'hiver est rude c'est vrai, personne dans les rues, mais l'été est téllement génial!! je maudit tes paroles et encore une fois si tu ne t'ai pas adapté c'est parce que tu ne le voulais pas!!!

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    1. Hey bonjour ! J'étais dans un lieu-dit à 20 Km de Sarlat. Sarlat est une ville, petite mais ville quand même. Tu étais en étude et dans un club sportif. Alors l'intégration c'est bien faite, oui.
      Si tu as pris le temps de lire mon article "maudit" tu as dû voir que je n'étais pas en étude, donc déjà, difficulté supplémentaire et sans le permis dans un lieu-dit de 20 habitants. Ce n'est pas une question de ne pas vouloir s'adapter, mais plutôt d'incapacité à le faire.
      Si tu'étais heureux, tant mieux. Moi non et j'ai encore le droit de le dire !

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  9. Poitiers!! mon dieu..

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