Lettre à ma sœur.

13:19 Glad Wood 17 Comments


Quand on m'a dit que j'allais être grande sœur, j'étais déjà grande. Et durant les mois de la grossesse, je ne me suis pas du tout intéressé à ce petit être dont tout le monde parlait. J'ai continué ma petite vie de fille unique, jusqu’à ce 17 mai 2004. Le jour de ta naissance. Le jour  je suis devenue grande sœur. Moi qui pendant des mois, me fichais complètement de ça, le jour ou je t'ai vu, ou je t'ai pris dans mes bras, j'ai su que tu serais la personne la plus importante de ma vie. Tu étais si petite, si fragile. Tu es devenue ma priorité. Mais je ne savais pas encore ce que "être grande sœur" voulait vraiment dire. Je ne le savais pas encore à ce moment, mais ça sera le meilleur rôle de ma vie.

Tu ne t'en souviens certainement pas, mais depuis que tu es petite je suis là, jamais loin. Je te regarde. Je crois que je n'ai jamais passé autant de temps avec maman, grâce à toi. J'ai passé des heures à la regarder s'occuper de toi. J'étais tellement fière d’être ta sœur. Je t'aimais chaque jour un peu plus. En rentrant du collège je te prenais dans mes bras, c'était le rituel. Le soir, je me retrouvais dans ton petit parc et je jouais des heures avec toi. Tu n'avais pas la parole, mais on était déjà très complice. Je me souviens d'un anniversaire, tu marchais à peine, tu avais eu une petite maison pour le jardin, mon rêve à moi d'enfant. Il pleuvait ce jour-là, mais on y a passé la journée, même si j'avais mal au dos, vu la taille miniature de la maison. J'ai toujours aimé jouer avec toi. Je m'en fichais qu'on rigole de moi, il n'y avait déjà que toi. Il n'y a toujours eu que toi.

Et puis tu as grandi. Et nous avons continué de jouer toutes les deux, mais différemment. J'ai des tonnes de vidéos de nous à chanter et danser dans la salle de bain. Tu me prenais pour modèle, tu suivais tout ce que je faisais et parfois ça me fatiguait, c'est vrai. J'avais toujours été seule, j'avais besoin d’être rien qu'avec moi par moment, mais je t'avais habitué à être toujours avec moi, alors on se chamaillait. Je t'ai fait la misère, c'est vrai, mais tu savais me le rendre, hein. Tu n'étais pas un ange non plus, qu'on se le dise ! Il paraît que c'est ça aussi être sœurs. La bagarre ! Remercie-moi morue, si aujourd'hui les garçons t'embêtent, tu sais te défendre et tu sais encaisser les coups aussi ! Tu es dure au mal, je t'ai entraîné ! (



Aujourd'hui tu n'es plus mon bébé, tu es une ado, le collège, tout ça... Et je suis triste de ne plus pouvoir être autant présente dans ta vie. Je ne m'étais jamais imaginé que ça serait si dur pour nous. Je pensais que j'assisterai à ta première rentrée au collège, à ton premier amour et à ta première grosse peine de cœur. Parce que tu en auras une, oui. Ce sera dur, mais je te promets que ce n'est pas insurmontable. Prends le temps de me le dire au téléphone, je te répondrai avec plaisir. Je t'expliquerai comment moi aussi j'ai pleuré et comment aujourd'hui, je ne me souviens pas de celui qu'on appelle "le premier amour"D'ailleurs, ne te laisse pas faire par les garçons, reste ma morue caractérielle. Ne t'habille pas en micro-short & minijupe, par pitié, ne deviens pas une de ces pétasses à la sortie du collège, jamais. Ces filles là sont peut-être aimées par les garçons au collège, mais je te le dis, le collège ce n'est pas la vraie vie. C'est une période bien à part. Je sais que tu es toujours une aussi bonne élève et je suis fière de toi ! Ne fais pas comme moi, continue tes études, ta vie d'adulte sera plus simple que la mienne ! J'aurai encore pleins de conseils, de discussions à avoir avec toi, parce qu'être grande sœur c'est surtout ça : aider la petite avec nos erreurs à nous. Et même si pour le moment je ne peux pas être présente physiquement dans toutes les épreuves que l'adolescence va te faire vivre, sache que je ne suis pas totalement absente. Un SMS, un appel, c'est peu, mais je serai là, promis. 


Je serais toujours là, d'une manière ou d'une autre. Tu sais je suis capable de virer tout le monde de ma vie, sauf toi. J'ai beaucoup de rancœur d'enfant contre maman et des rancœurs d'adulte et je ne pense pas te les dire un jour, parce que toi, tu as la chance d'avoir une maman qui t'aime, une maman qui prend du temps pour toi et je suis heureuse de ça. Jamais, jamais je ne voudrais changer votre relation. Malgré tous les cris, tous les silences, je lui dois bien un merci de t'avoir donné la vie. Parce que tu es la plus belle chose au monde. Je n'avais jamais connu un amour aussi pur que celui d'une sœur. La vie n'est pas toujours tendre avec toi, pas tendre pour nous, mais je t'assure, que ce n'est que provisoire. Je vais faire de mon mieux pour te voir, je te le promets. J'en ai besoin. Tu en as besoin aussi. Nous avons été trop proches pour qu'on nous sépare, comme ça. 

Je ne t'ai pas quitté. Je t'aime trop pour te quitter.  

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17 commentaires:

  1. C'est une bien belle lettre d'amour ! J'espère que ta petite sœur pourra la lire un jour...

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    1. J'espère que oui ! Je sais qu'elle vient ici de temps en temps, alors j'espère vraiment qu'elle la lira ♥

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  2. C'est mignon ton article j'en n'est les larmes aux yeux.

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    1. Merci ♥ Mais c'était pas le but hein, c'était une lettre positive !

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  3. Jolie lettre à ta petite soeur. Elle doit être fiére d'avoir une grande soeur comme toi.

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    1. Je ne sais pas, je ne pense pas, je ne suis pas assez présente physiquement pour qu'elle soit fière de moi.

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  4. Une très belle lettre, pleine d'émotion ... Les liens entre frères et sœurs sont indestructibles, certaines périodes de la vie tirent sur la corde, mais jamais elle ne se casse ... :)
    https://myone2cents.wordpress.com/

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    1. Je pense aussi, malheureusement, je rate tellement de choses de son enfance, adolescence... Ça, je ne pourrais jamais le rattraper.

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  5. C'est beau. Elle a de la chance d'avoir une grande soeur qui même loin, l'aime et veille sur elle !

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    1. J’espère que bientot, je pourrais veiller sur elle de plus près...

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  6. et ben! c'est un beau message que tu lui envoies là!

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  7. Ce texte est tellement triste et beau à la fois que les larmes viennent aux yeux. Tu as un don pour écrire, c'est rare d'exprimer aussi bien de tels sentiments avec des mots !
    Ne perds pas espoir Gladys, je suis certaine que ta petite sœur et toi vous vous retrouverez et qu'à ce moment-là rien ne pourra plus jamais vous séparer :)

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    1. J'espère de tout cœur que tu dis vrai. Parce que aujourd'hui, la seule chose qui me manque dans la vie pour être réellement heureuse, c'est elle...

      Merci beaucoup pour ce gentil commentaire ♥

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