Les limites du véganisme.

12:32 Glad Wood 10 Comments

On parle souvent des limites du végétarisme. (Le lait, les œufs, le miel, ça tue !) Je suis d'accord avec le sujet. Mais, on ne parle que très peu des limites du véganisme. Ou du moins, de ce que les gens en ont fait aujourd'hui. Aujourd'hui, le véganisme c'est mettre des belles photos de plats colorés sur les réseaux sociaux, partager des recettes à tout va, mettre en avant les produits VEGANS, blabla... 
À croire qu'aujourd'hui, les gens confondent le végétalisme et le véganisme
Pourtant, être végane, c'est un tout. Ça ne se limite pas à notre assiette. Le véganisme c'est un combat politique, humanitaire. Le véganisme c'est refuser toutes formes d'exploitation sur les animaux et malheureusement, je ne vois que trop peu de gens mettre les animaux en avant, justement. 
Alors oui, c'est bien de parler nourriture, parce qu'il faut que les gens se rendent comptent que l'on mange tout aussi bien avec une alimentation végétale, qu'avec une alimentation carnée. L'information, la sensibilisation est importante. Mais insuffisante. Les animaux continuent de souffrir dans les élevages, les océans et les abattoirs. Publier des recettes VEGAN, ne les sortent pas de leur enfer, personne ne les voit, personne ne prends conscience de l'urgence. PERSONNE. A croire finalement, que beaucoup de véganes préfèrent eux aussi avoir des œillères. 

En devenant végétarienne j'ai pris conscience que ce n'était pas assez. Je suis alors devenue végane. Et très vite, j'ai pris conscience que malheureusement, même en étant végane, je ne faisais pas assez pour les animaux. Alors, j'ai tenté, du mieux que j'ai pu, de trouver des gens, des associations pour militer. Je suis descendue dans la rue, j'ai porté à bout de bras des panneaux, j'ai crié à en perdre la voix et surtout, je me suis demandé où étaient les véganes, justement... Nous ne sommes que trop peu et très vite, tu revois les mêmes personnes, tout le temps. 
Il y a tellement à faire, que nous ne pouvons pas être partout, j'en suis consciente, mais combien de végane se bougent en dehors des statuts Facebook révoltés ? Moi aussi gueuler derrière mon ordi je le fais, mais je joins des actes aux mots. 

Aujourd'hui, j'en suis arrivé à un stade, où, une fois dans la rue avec des panneaux, je me sens inutile. Je "préfère" faire d'autres types d'actions, que je trouve finalement, beaucoup plus parlantes. Même si, malheureusement nous ne sauvons pas les animaux que nous voyons proches de la mort, rentrer où personne ne le fait, montrer aux gens que les animaux ici, existent. Qu'ils ne sont pas que des numéros, c'est primordial. "Votre steak a un visage", prends tout son sens. Si je pouvais les sortir de ces endroits pour les mettres en sécurité, je le ferais, sans hésitation. Peu importe les risques qui suivent. Je le ferai, parce qu'ils méritent bien qu'on prennent des risques. 
Je ne milite pas pour avoir une nouvelle photo de profil, ni pour m'en vanter après. Je milite pour les animaux non humains. Pour mettre mon énergie dans cette libération animale. Je le fais pour eux, pas pour moi. Parce que, effectivement, si je devais faire les choses pour moi, je ne ferais pas toutes les actions que j'ai pu faire. Je ferais comme toutes les personnes véganes sur les réseaux sociaux, j'humaniserai le combat et me conforterai dans ma zone de confort, loin des risques judiciaires, des situations qui me crèvent le cœur et des animaux en souffrance. Le déni, oui. Quand j'entends des gens dire que depuis qu'ils sont véganes, leur vie est merveilleuse, je me demande vraiment, pourquoi moi, je pleure si souvent.. Pourquoi je ne rigole plus de tout et de rien ? Pourquoi ils reviennent tous dans mes cauchemars la nuit ? J'ai du louper une étape assez euphorique, non ?



Les limites du véganisme, c'est les véganes, justement. 

Celles & ceux qui préfèrent critiquer les véganes "extrémistes" pour leurs actions, tout en restant le cul sur un fauteuil. Comme si, l'inactivité et la légalité allaient sauver des animaux dont la mort et la souffrance sont légalisées par notre belle société. Que vous ne soyez pas d'accord avec telle ou telle action est possible, mais ayez le respect de fermer vos bouches, au moins, certaines personnes tentent des choses pour la libération animale. Parce que non, ce n'est pas depuis votre ordinateur ou votre "vegan place" que nous fermerons les élevages et abattoirs. 
Ce n'est pas non plus en partageant des vidéos mignonnes, ni avec des pétitions, ni avec des rassemblements pacifistes, ni avec des stands de dégustation. La protection animale fonctionne comme cela depuis des années. Et depuis des années, des animaux perdent la vie. 

Je suis en colère, oui. Et je ne vais certainement pas m'excuser si mes propos dérangent. S'ils dérangent, ce n'est QUE parce que c'est la vérité. Je suis en colère de devoir affronter les mêmes horreurs, trop souvent, pendant qu'on me dit "Ah non, mais Gladys, les vidéos en abattoirs, c'est vraiment de trop !" Et ce qui se passe ? Ce n'est pas de trop, peut-être ? Je suis en colère de voir que la plupart des véganes disent sans cesse que, les refuges, les sanctuaires sont des lieux primordiaux dans la cause animale mais qu'ils ne sont pas foutus de donner 1€ pour sauver un sanctuaire comptant 140 animaux. Je suis en colère, fatiguée, désespérée, de voir que même là, votre confort personnel, votre ego, l'emporte sur la vie des animaux non humains. #VeganeIntense 

Alors oui, il serait grand temps de poser son pot de Nocciolata, ses VEGO et de venir sur le terrain. De défoncer les abattoirs, les élevages, cirques, filets de pêche, chasseurs et tout autre activité CONTRE les animaux non humains. Parce qu'il n'y a que comme ça, que nous pourrons un jour prétendre avoir permis la libération animale. Et je me fiche de froisser des gens. Croyez-vous, une fois de plus que cela changera quelque chose pour les animaux ? Mettez donc votre haine, votre frustration dans le combat. Ou alors, arrêtez de vous donner bonne conscience avec votre véganisme. 

L'humain n'est pas au centre du véganisme, les animaux oui ! 

PS: Photos des habitants du sanctuaire LUNA

EDIT: Vu que, certaines personnes pensent comprendre dans mon texte des choses que je n'ai jamais dites, je me permets de rajouter que NON, je ne suis pas en train de cracher sur les gens qui ne sont pas sur le terrain. Je gueule sur les véganes qui préfèrent parler recettes et trucs tendances, éthiques sans cesse, sans jamais remettre en cause la souffrance animale. Je suis juste saoulé de ceux et celles qui ne comprennent pas que troubler la société spéciste aura toujours plus d'impact qu'un article de blog, qu'une vidéo ou autres. Et là encore, je ne critique pas ceux qui le font... Je veux dire, j'écris sur un blog là, non ? Mais, n'en déplaise, ce n'est pas comme ça que nous fermerons les abattoirs, par exemple... La plupart du temps, sur internet on prêche des convaincus. (La preuve, peu de mon lectorat a lu cet article, parce que ça ne les intéresse juste pas et qu'ils ont le choix de lire ou ne pas lire !) Sur le terrain on remet en question les autres, ils n'ont pas le choix. Je gueule parce que trop de gens ne parlent jamais des animaux, de leurs souffrances. Alors arrêtez avec vos analyses bidon de mon texte, merci.

You Might Also Like

10 commentaires:

  1. Les limites du véganismes, ce sont les veganazis qui pensent tout savoir mieux que tout le monde, détenir la seule vérité et imposer leur vision aux autres, heureusement que tous les vegans ne passent pas leur temps à faire de la propaganda, respire un peu pense à autre chose ne te rends pas malade avec ça et ne demande pas aux autres d'être tristes avec toi parce que tu es triste, yolo, fais les choses pour être droite dans tes bottes, si tu veux t'investir dans une cause, qu'au moins ça te rende heureuse de le faire. Je trouve ton poste à la fois triste et plein de colère, je pense que tu n'es pas dans une demarche constructive.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

      Supprimer
    2. "Végénazis", rien que ça... À ce que je sache aucun végane n'a ouvert des camps de concentration, si ? (Remarque, c'est peut-être la seule solution pour la libération animale...) Je ne sais pas trop à qui j'ai à faire, mais ton discours ressemble fortement à un carniste vexé... OU un végémou... Non ? Oui ?

      Nous ne pensons pas détenir la vérité absolue, on souhaite juste ouvrir les yeux des gens sur un fait réel : un holocauste, dont les consommateurs, sont les commanditaires.

      Ce n'est pas de la propagande, par moments, si peut-être un peu, mais regarde autour de toi : la propagande pour le cadavre (dit "viande"), le lait, les œufs, il y en a partout : tout le temps ! Par contre dès qu'un végane partage ou parle de véganisme, c'est la fin du monde !

      Le "respire un peu, pense à autre chose, ne te rends pas malade" blabla : ça m'a achevé ! Donc, je suis censé faire quoi, au juste ?Faire comme si je n'avais jamais vu la souffrance des animaux ? Comme si je n'avais jamais senti leurs peurs, leurs morts ? Ah oui, tout serait nettement plus simple, seulement, je refuse d'avoir des œillères. Et d'ailleurs ce n'est pas qu'une tristesse, c'est une force. Parce que c'est pour ça que je continue encore et encore, parce qu'ils le méritent.
      Une fois de plus, je ne sais pas si je m'adresse a un omni, ou un végane, mais je ne demande a personne d’être triste avec moi. Juste de se bouger le cul.
      Si je te laisse 6h dans un abattoir, devant la mise a mort d'animaux, je viendrai te dire après "Oh ça va, respire !"

      Je ne m'investis pas dans la cause animale pour être heureuse. Je le fais POUR que les animaux soient libres, grosse nuance, déjà. "Triste et plein de colère" je l'ai dit hein, que j'étais en colère, belle analyse Freud. Ma démarche n'est peut-être pas constructive, mais en attendant ce n'est pas avec un article que j'espère changer les choses, j'avais juste envie de dire ce que j'ai sur le cœur, en fait.

      PS : Ce commentaire n'est pas agressif, mais sarcastique.

      Supprimer
  2. Dommage que je sois si loin de toi je serais venue te prêter main forte ! Je suis isolée ici en Nord Isère... Bon courage ! Take care

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans ma région, département, il ne se passe pas grand-chose non plus. Avec des amies on organise quelques manifs, happenings, mais la plupart du temps, pour faire des actions, je bouge... Du coup, je suis peu souvent chez moi pour organiser des trucs !

      Je crois que c'est un peu le "seul" moyen, bouger, rencontrer des gens qui te proposeront des actions et voila... On se croisera peut-être, qui sait ;)

      Supprimer
  3. Et aller encore une vegan ego-centré ! Le végansime ce suffit a lui seul, en refusant l'exploitation et la souffrance. C'est un acte de boycott très important a ne pas négliger. Les manifestations ne sont que des petits plus pour se faire entendre, mais l'acte primordial, c'est le boycott et l'information.
    Il n'y a donc aucunes raisons de t'en prendre a des personnes qui pensent comme toi. Sauf peut-être que cela conforte ton égo ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et aller encore un végane de canapé vexé !

      Le boycott n'est PAS suffisant. Vu le nombre de végétarien + végétalien + végane le boycott rien qu'en France est assez important. Et pourtant, les abattoirs continuent de donner la mort, encore et encore ! Alors NON, ce n'est pas suffisant. C'est la base. Tout comme informer nos proches sur la souffrance animale, mais c'est tout. Si c'était suffisant, nous aurions déjà vu un début de libération animale. On en est loin. Elle existe, dans les refuges & sanctuaires seulement. Les gens qui prennent des risques financiers et pénaux pour offrir la liberté, le respect, l'amour aux animaux. Ce sont eux, qui font quelque chose de PRIMORDIAL, merci.

      Supprimer
  4. Ce que tu ressens est horrible, je le sais car je connais ce sentiment. Cette sorte de désespoir qu'on a face à la réalité, face au fait de savoir que les gens sont au courant mais qu'ils ne font rien malgré tout. C'est une vraie torture de vouloir changer le monde et de savoir que c'est possible puis de voir que ça ne se produit pas.

    Qu'on ne nous dise pas que nous sommes de stupides rêveurs car rien n'est impossible, étant donné que la seule barrière est l'humanité ! Pour moi ce qui est fait par des humains peut être défait par d'autres humains. Mais les gens se font manipuler et n'ont pas conscience qu'ils peuvent changer les choses, qu'ils sont en majorité. Je ne demande pas de tout détruire, juste d'exiger ce qui est juste et d'insister jusqu'à ce que ça soit fait. Et cela dans tous les domaines.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. M E R C I !

      Je crois malheureusement que ce sentiment, tous les activistes le partagent. Que ce soit dans la cause animale, la lutte contre le sexisme, racisme, homophobie...
      Les gens sont comme... Endoctriné par la société. Par les médias, les personnes d'en haut, qui se jouent du "bas peuple". Les gens abandonnent complètement leurs esprits et leurs idées pour prendre celles qu'on leur donne sur un plateau.

      Et ceux qui, arrivent et luttent pour rester libre d'esprit, juste, passent pour de illuminer, des extrémistes, ceci, cela. C'est plus facile de remettre en question notre santé mentale que celle des autres. L'ignorance et la bêtise sont très certainement beaucoup plus faciles à vivre que ce que nous voyons nous, c'est certain... Mais je refuse d’être de ces gens. Je préfère me battre contre eux, que donner raison à notre société profondément injuste.

      Alors, heureusement, que parmi toute cette masse de personne, on arrive à avoir un petit entourage bien-pensant !

      Supprimer
  5. Il y a autant de veganes qu'il y a de formes d'engagement. Pour ma part, je serais plus rejointe par quelqu'un qui me fera un bon plat, ouvrira une bonne bouteille de vin et passera la soirée dans une ambiance détendue à me régaler, que par quelqu'un qui militera plus agressivement. Tout comme je connais des gens qui auront besoin de ce militantisme agressif. De même, je ne me vois pas porter des pancartes et crier dans la rue. Ce n'est pas moi. Je préfère l'action moins retentissante mais plus douce. Il faut de tout pour faire un monde, c'est une question de caractère. Publier des recettes veganes, inviter à sa table, c'est aussi rejoindre ceux qui aimeraient, mais qui n'osent pas par peur de manquer, par peur de ne plus avoir de plaisir à manger, et ils sont nombreux. C'est normal. C'est toujours le cas lorsque l'on change complètement de paradigme et que l'on remet en cause les traditions familiales, celles auxquelles on obéit depuis des générations. Cette peur-là ne sera jamais apaisée par l'agressivité, mais bien par la douceur. D'autres auront besoin qu'on les secoue, qu'on les confronte. C'est parfait. Nous sommes tous différents. Respecter cette différence et la comprendre, c'est aussi s'assurer de changer le monde, doucement mais sûrement. Je conçois que ça n'aille pas assez vite pour toi et que cela te mette en colère. Mais hélas, c'est souvent petit à petit que les choses changent en profondeur...

    RépondreSupprimer